Contribution de l'Ambassadeur d’Ukraine aux débats lors de sessions thématiques - pour SIAM Magazine
Lors de sa présentation, le Président du Conseil mondial de l’eau M.L.Fauchon souligne clairement le manque de ressources en eau en Afrique et leur impact sur la démographie à l'horizon 2030. Il a toutefois laissé de côté la question de l'eau potable.De l’eau propre. Je vais essayer de remédier à cela.
L'eau potable est la base de la santé et de la vie humaines. Il fournit une hydratation, soutient les processus physiologiques et est essentiel au maintien de la qualité de vie. Cependant, les défis environnementaux modernes et les activités humaines menacent la pureté des ressources en eau.
A l’échelle mondiale plus de 2 milliards de personnes vivent dans des pays confrontés à un stress hydrique, une situation qui risque de s’aggraver en raison du changement climatique et de la croissance démographique. Au moins 2 milliards de personnes dans le monde utilisent des sources d’eau potable contaminées. Les nouveaux contaminants tels que les produits pharmaceutiques, les pesticides, et les microplastiques sont également préoccupants.
L’accès à une eau propre et suffisante est essentiel au maintien d’une bonne hygiène, ce qui contribue à prévenir les infections respiratoires et diverses maladies tropicales négligées. L’eau potable contaminée par des microbes peut provoquer des maladies telles que le choléra, la dysenterie et la polio.
Quels sont les principaux ennemis de l’eau propre?
Le premier ennemi, ce sont les déchets agricoles
L’agriculture est l’un des principaux consommateurs d’eau de la planète, utilisant environ 70% de toutes les ressources en eau disponibles. L’industrie agricole consomme plus d’eau que toute autre industrie.
L’irrigation à grande échelle a un impact significatif sur les systèmes hydriques: l’expansion des zones irriguées conduit souvent à la dégradation des zones humides, à la perturbation de l’approvisionnement en eau en aval.
Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), environ 40% des rivières du monde sont confrontées à des problèmes de qualité de l’eau en raison de la pollution agricole. En outre, environ 50% des terres irriguées présentent des problèmes de salinité, conséquence d’une utilisation non réglementée de l’eau pour l’irrigation.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les pesticides et les engrais utilisés dans l’agriculture représentent environ 60% de la quantité totale de nutriments polluant l’eau.
Il s’agit d’un problème mondial. Depuis les années 1950, des innovations telles que les engrais synthétiques, les pesticides chimiques et les céréales à haut rendement ont considérablement augmenté la quantité de nourriture cultivée. Cependant, ces progrès ont été rendus possibles grâce à la disponibilité de l’eau douce, aujourd’hui menacée par la pollution, le changement climatique et la surexploitation. Cela entraîne une réduction significative de la quantité d’eau douce par habitant, ce qui affecte les terres irriguées et contribue à la crise alimentaire mondiale.
Le deuxième ennemi de l’eau potable est le gaspillage industriel: produits pétroliers, métaux lourds, déchets dangereux, sédimentation etc.
Tous ces polluants constituent une menace pour les ressources en eau et peuvent avoir des impacts négatifs sur l’écosystème et sur la santé humaine et animale.
Cependant, dans de nombreuses régions du monde, y compris en Ukraine, il n’existe pas de contrôle aussi strict des effluents industriels.
Le troisième ennemi de l’eau potable est celui des eaux usées domestiques ce qui est une menace silencieuse mais puissante pour les écosystèmes du monde entier. Ces eaux, riches en substances toxiques et en agents pathogènes, ont un impact négatif sur la biodiversité des océans et sur les systèmes fluviaux qui font vivre des millions de personnes. Les scientifiques avertissent que l’inaction pourrait entraîner des pertes irréversibles. Un travail conjoint entre écologistes et médecins pourrait être la clé pour résoudre ce problème.
Une collaboration interdisciplinaire est nécessaire pour résoudre ce problème. Les efforts de conservation doivent être intégrés aux mesures de santé publique pour développer des méthodes innovantes de gestion des eaux usées. Les nouvelles technologies, telles que les systèmes de la récupération des ressources, peuvent réduire considérablement les impacts environnementaux négatifs.
Le quatrième ennemi de l’eau potable est le microplastique
Actuellement, environ 5 milliards de tonnes de plastique se sont accumulées sur la planète, dont 8 millions de tonnes sont déversées dans les océans chaque année.
Dans l’ensemble, le problème des microplastiques dans l’eau est complexe et nécessite des recherches supplémentaires et la mise en œuvre de méthodes de nettoyage efficaces.
Et finalement, la contamination fécale.
Il est important d’être conscient de l’ampleur et des conséquences de chacune de ces menaces et de prendre des mesures efficaces pour les surmonter. Cela comprend la mise en œuvre de méthodes innovantes de gestion de l’eau, l’amélioration du traitement des eaux usées, la réduction de l’utilisation de produits en plastique et de pesticides et le renforcement du contrôle des déchets industriels.
Des initiatives internationales telles que les Objectifs de développement durable des Nations Unies et les directives européennes démontrent des approches efficaces pour lutter contre ces problèmes. Cependant, pour obtenir des résultats durables, il faut une coopération mondiale et une action active à tous les niveaux, des communautés locales aux organisations internationales.
Ce n’est qu’en unissant nos forces et en mettant en œuvre des stratégies efficaces que nous pourrons garantir l’accès à l’eau potable pour les générations actuelles et futures, qui est le fondement de notre santé et de notre bien-être.